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Composer avec l'envie de jouer

En arrêtant ou en diminuant votre pratique des jeux de hasard et d’argent, vous souhaitez probablement que ceux-ci prennent moins de place dans votre tête. A cet égard, il est  parfois difficile d'accepter les envies très fortes (dit « craving ») qui apparaissent tout au long des diverses tentatives d’arrêt ou de réduction. Bien souvent, en réaction, la tendance de la majorité des personnes est de vouloir éliminer au plus vite ces envies et les pensées qui y sont associées. Pourtant, paradoxalement, cette « lutte » va donner de plus en plus de poids à ces pensées et envies par un phénomène dit de « rebond », autrement dit l’inverse de l’effet recherché.

Prenons un exemple : si l’on vous demande de ne pas penser à un éléphant rose pendant 2 minutes, cette pensée et l’image s’imposeront à vous et il deviendra impossible de vous en débarrasser. C’est exactement le même phénomène pour les pensées concernant le jeu. Les envies de jouer émergent et vous essayez de vous en débarrasser, de vous concentrer sur votre objectif de ne pas consommer. Minute après minute, malgré toute votre volonté, ces pensées concernant le jeu occupent de plus en plus votre esprit et il devient de plus en plus difficile de les éviter (comme illustré par cette vidéo). Plus vous luttez et plus la tension augmente, au point qu’il devient difficile de s'empêcher de consommer en dépit des conséquences négatives.

Il est tout à fait probable que le changement souhaité passe par des moments de retour au jeu excessif. A cet égard, repérez ce qui stimulent ces fortes envies pour ensuite, apprendre à les gérer. 

Repérer les déclencheurs ?

Vous pouvez avoir envie de jouer en réponse à certains stimuli ou déclencheurs tels que :

  • Voir de la publicité sur des jeux de hasard.
  • Penser aux jeux de hasard.
  • Les moments durant lesquels vous avez l’habitude de jouer (après le travail, pendant la nuit,…).
  • Les endroits où vous avez l'habitude de jouer.
  • Les rencontres avec des amis joueurs.
  • Certains sentiments (anxiété ou ennui).
  • La volonté de regagner l’argent perdu.
  • L'envie d'essayer un nouveau système pour influencer la chance.
  • Des situations particulières (dispute, mauvaise journée au travail,…).
  • L'envie d'oublier ses problèmes.
  • Quelque chose qui vous rappelle un événement traumatisant du passé,
  • Si vous vous inquiétez de votre situation financière,
  • Si vous avez besoin “d'excitation”

L’envie de jouer peut être difficile à maîtriser. Elle peut rester présente pendant une longue période, même si vous avez cessé de jouer.

Comment y faire face ?

Il existe quelques astuces pour contourner ces pensées. Essayez-les plusieurs fois pour voir ce qui fonctionne pour vous. Nous vous proposons certains outils mais vous pouvez également en chercher d’autres. L’idéal est de pouvoir trouver les solutions qui vous conviennent le mieux.

1. La technique "STOP"

Dites-vous STOP. Si nécessaire, faites-le à voix haute lorsque vous êtes seul.

2. La technique de l’attente

Ressentir l’envie de quelque chose diminue avec le temps. L’envie c’est comme une vague, elle commence petite, elle peut ensuite devenir très grande puis elle redescend. Il faut attendre en moyenne 15 à 30 minutes pour qu’elle diminue considérablement.

Dites-vous intérieurement :

  • « Cela ne durera pas. »
  • « Il faut supporter cela maximum une demi-heure. »
  • « Je vais attendre 15 minutes avant d’aller jouer. »

Vous pouvez aussi pratiquer un exercice de pleine conscience.

3. Trouvez des distractions et faire autre chose

La distraction est une bonne manière de composer avec l’envie de jouer. Essayez de faire quelque chose qui demande de l’effort physique comme la course, le vélo, la marche,… Vous pouvez également prendre une douche, lire,… L’envie disparaît plus facilement lorsque l’on fait quelque chose.

4. En parler

Vous pouvez également en parler à quelqu’un de confiance. De préférence quelqu’un qui est au courant de votre intention de réduire ou d’arrêter de jouer. Trouvez quelqu’un qui vous écoutera sans jugement.

5. Fixez-vous des petits objectifs

Nous vous en suggérons quelques pistes :

  • Éviter certains environnements ou personnes associés au jeu.
  • Changer des petites habitudes dans la manière de jouer (miser plus lentement, changer d’établissement de jeu, évitez votre jeu préféré…).
  • Définir un montant et un temps de jeu maximum par semaine.
  • Ne pas emporter vos cartes de banque et garder peu d’argent sur vous.
  • Repérez des circonstances dans lesquelles vous ne jouez certainement pas. Par exemple: seul à la maison, quand vous ressentez de l’inquiétude après avoir reçu une facture, quand vous vous sentez mal, pas de jeu après le travail, etc.

6. Entraînez-vous à penser différemment

Apprenez à vous familiariser avec les pensées associées au jeu. Souvent ce sont des pensées dites «automatiques», c’est-à-dire qui surviennent automatiquement et dont vous n’avez pas conscience. Néanmoins, en les observant, vous pourrez les modifier. Nous vous proposons quelques exemples de pensées automatiques, peut-être reconnaitrez-vous certaines d’entre elles ? :

« Je dois jouer pour me détendre. »

« Je dois jouer car je m’ennuie. »

« Je dois jouer pour passer du temps avec mes amis. »

« Une partie ne me fera pas de mal. »

« Maintenant j’ai vraiment mérité d’avoir de la chance. »

Ce sont des pensées irréalistes. Ce sont de fausses croyances qui vous poussent à jouer. Vous pouvez les changer par des pensées qui vous aideront à lutter contre l’envie de jouer, telles que :

« C’est difficile mais l’envie passera dans 30 minutes. »

« Je me sens plus mal après le jeu. »

« Je peux m’accorder une récompense différente. »

« Je n’ai pas besoin de jouer pour passer un bon moment. »

« Si je commence à jouer, il y a des chances pour que je ne sache plus m’arrêter. »

Les joueurs ont souvent des pensées et des croyances qui maintiennent l'envie de jouer, qu'il s'agisse de pensées négatives sur eux-mêmes ou de pensées qui maintiennent l’illusion que la chance influence le hasard.