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A propos des émotions

Les jeux de hasard et d’argent exercent une influence sur votre vie affective. La pratique du jeu remplit souvent une fonction de régulation ou de gestion de vos émotions et sentiments. Par exemple, vous allez jouer pour vous détendre, pour oublier vos soucis ou pour tromper l’ennui.

Réduire ou arrêter de jouer va très probablement provoquer des changements dans votre vie affective. Comment gérer ces émotions qui s’imposent à vous, sans les “évacuer” dans le jeu ? Parfois, certains joueurs de longue date ont l’impression d’être submergés par des sentiments lorsqu’ils arrêtent de jouer. Apprendre à reconnaître et à nommer ce qui se passe est un premier pas important.

Expériences physiques

Dans les situations ou les événements qui nous «touchent», notre corps réagit en premier . D’ailleurs, la langue française regorge d’expressions pour parler de l’émotion vécue à travers le corps, telles que:

  • "un nœud dans la gorge",
  • "une boule dans l'estomac",
  • 'rouge de colère', ....

Souvent, nous ne sommes pas conscients de ces sensations corporelles. 

Dans les situations perçues de façon négative ou menaçante, notre corps va manifester des réactions de stress (accélération du rythme cardiaque et de la respiration par exemple). Face au danger (réel ou imaginaire) nous pouvons réagir de trois manières très différentes. Il y a d’abord le “flight”, c’est-à-dire la fuite ou l’évitement de la situation anxiogène. Il peut aussi y avoir le “fight”, une réaction combative pour mettre un terme à la menace. Enfin, il y a le “freeze” qui est une réaction d’inhibition devant ce danger qui nous dépasse, nous sommes comme figés, complètement passif.

Si nous portons attention à notre corps, nous pouvons prendre conscience des sentiments qui nous traversent et les identifier. Nous nous sentons «anxieux», «en colère», «triste», «heureux», «gai», «dégoûté», etc.

Gérer les sentiments

Les sentiments jouent un rôle important dans nos vies. Imaginez-vous au bord d’un précipice, le fait de ressentir de la peur, c’est un peu comme si le corps vous disait “Attention, si tu fais un pas de plus, tu tombes dans le vide, éloigne-toi du danger…”. De même, la colère peut vous signifier par exemple qu’une valeur importante pour vous a été bafouée, comme le respect ou la justice. Les émotions et nos sensations ont donc une fonction utile

Nous parlons souvent en termes de sentiments « positifs » et « négatifs ». En fait, il n'y a pas de sentiments «négatifs», en ce sens où ils seraient répréhensibles ou mauvais. Les sentiments sont des signaux qui nous disent quelque chose sur nous-mêmes et sur la situation dans laquelle nous nous trouvons. Les sentiments ne sont pas «justes» ou «mauvais», ils sont ce qu'ils sont

Parfois, certains sentiments vous encouragent à jouer excessivement. Angoisse, dépression, frustration, honte ou encore excitation sont autant d’appels à jouer. Soyez curieux de vous-même et repérez les sentiments associés à une envie de jouer excessive. Après, vous pouvez passer un accord avec vous-même. Par exemple, vous voulez réduire le jeu et vous remarquez qu’en vous sentant frustré, vous allez jouer beaucoup plus d’argent et plus longtemps. Vous décidez ceci: “chaque fois que je ressens de la frustration, je m’abstiens de jouer pendant 24h00”.

Avec le temps, le jeu peut devenir un moyen privilégié de gérer tous les sentiments. Je suis tendu ? Je vais jouer ! Je suis fatigué ?  Je vais jouer ! Je me suis disputé avec mon partenaire ?  Je vais jouer ! Je m’ennuie ? Je vais jouer ! Je suis triste d’être seul ?  Je vais jouer ! 

Finalement, vous pourriez n'avoir qu'un seul moyen de gérer vos sentiments et ce malgré les conséquences négatives qui s’accumulent. Arrêter ou diminuer le jeu va vous mettre aux contacts de sentiments et de sensations que le jeu “effaçait”, du moins temporairement. Que faire de ma frustration ? Que faire de mes angoisses ? Bien que difficile, cette situation vous permettra de trouver de nouvelles manières, plus satisfaisantes, de gérer vos sentiments. 

Il y a au moins 3 façons:

  • Vous pouvez vous distraire des sentiments difficiles en concentrant votre énergie et votre attention ailleurs. Par exemple, se défouler en pratiquant un sport, se relaxer en allant se balader ou “s’évader” dans un bon livre ou un film. Parfois, certaines personnes se mettent à «robotiser» pendant un certain temps. Elles sont tout le temps dans l’action, occupées à faire quelque chose et évite soigneusement de «penser et de ressentir”. En savoir plus sur les manières de se distraire ? Cliquez ici.
  • Vous pouvez vous attarder sur ce que vous ressentez et apprendre à accepter des sentiments désagréables sans le combattre . Quels sont les sentiments que je ressens maintenant ? Quelles sont leurs intensités et où se manifestent-ils dans notre corps? Cette approche nous invite à accepter nos sentiments , même s'ils sont difficiles ou pénibles. Combattre les sentiments ou les fuir, c’est bien souvent les renforcer et les retrouver plus tard avec plus d’intensité. Ici, il s’agit de “ranger les gants” et d’accepter ce qui vient, sans jugement. En savoir plus sur l’acceptation des sentiments ? Cliquez ici.
  • Vous pouvez utiliser vos sentiments pour en faire un moteur de changement. Les sensations sont comme des signaux sur un tableau de bord. Par exemple, la lumière tristesse s’allume ? Vous regardez ce qu’elle vous indique et vous constatez que vous vous sentez seul. Vous recherchez des mesures à mettre en oeuvre pour aller vers les autres.

Ce qui fonctionne une fois ne fonctionne pas forcément une autre fois. Les gens alternent souvent entre «se distraire», «accepter» et «agir» .