Jeux, hasard et argent

Jeux de hasard et jeux vidéo, deux univers de plus en plus proches

Les jeux vidéo (gaming) n'ont plus a prouver leur irrésistible expension. Cela fait plus 20 ans que l'industrie du gaming a supplanté l'industrie du cinéma, comptabilisant plus de 2,2 milliard de joueurs actifs à travers le monde en 2018.

Avec l'avènement des jeux de hasard en ligne (gambling), les jeux de type casinos et paris sportifs ne sont plus l'apanage d'un établissement, mais d'une simple connexion à internet. Dorenavant, à l'instar des jeux vidéos, les jeux de casinos et paris sportifs se jouent 24h/24 et 7j/7.

Le gambling se rapproche du gaming

Pour l'industrie du gambling, à l'évidence, il y a des tentatives pour attirer les joueurs issus du gaming. Par exemple en donnant aux machines à sous un design et une animation très proche des codes utilisés pour les jeux vidéos. Parfois même, des slots reprennent des franchises aussi connue que Tomb raider, Hitman ou Call of duty.

Pour Gabriel Thorens, psychiatre addictologue suisse, utiliser les codes du jeu vidéo "permet également de faire croire à une certaine part d'adresse ou de savoir-faire dans le jeu et de créer ainsi une plus grande illusion de contrôle". Or, dans le gambling, penser qu'un jeu de hasard est un jeu d'adresse est une illusion qui peut couter cher. En savoir plus, cliquez ici.

Dans le monde des paris sportifs et hippiques, ce rapprochement du gaming et du gambling est tout aussi visible. En effet, depuis 2018, la Belgique connaît une troisième sorte de “paris”, ce sont les paris virtuels. Il s’agit de parier sur des sports virtuels (foot, tennis, etc.) dont les résultats sont déterminés de manière aléatoire par un logiciel. En gros, parier sur du virtuel, c’est un peu comme miser sur un match de foot à la PlayStation entièrement “joué” par l’ordinateur. 

Les opérateurs de paris sportifs ont aussi compris l'intérêt d'explorer le marché de l'e-sport. (compétitions de jeux vidéos sur consoles ou ordinateurs, en réseau local ou via internet). D’après une étude Paypal, plus d’un Belge sur dix regardait de l'e-sport en 2017, la discipline pouvant prétendre à une audience d’1,7 millions de spectateurs cette même année. Près de 45% du public est jeune (32% pour les 18-24 ans), voire très jeune (12% pour les 13-17 ans).

Le gaming se rapproche du gambling

L'exemple le plus médiatisé de ce rapprochement est sans contexte les fameuses "loot-box". Ces « coffres à butin » proposent au joueur d’un jeu vidéo des contenus aléatoires. Ceux-ci  peuvent aller de la simple personnalisation d'un personnage, à l'acquisition de nouvelles fonctionnalités utiles dans le jeu  (vies supplémentaires, équipements…). Autrement dit, en payant une loot-box, le joueur ne sait pas si il va toucher  le « jackpot ». En 2019, la Belgique a été pionière en la matière en les interdisant après les avoir reconnu comme jeux de hasard et d'argent.

Evoquons aussi les casinos dits sociaux. Il s'agit de jeux de hasard classique (slots, roulette ou poker) se déroulant sur les médias sociaux comme Facebook (et donc accessible très jeune). L'aspect social est important, les joueurs se rencontrent via des tournois, des compétitions ou des tables de distribution en direct. Bien que gratuit d'utilisation, cette familiarisation aux jeux de hasard n'est pas sans poser question. Et si le (jeune) joueur souhaite "miser pour du vrai" ?

Nul doute que les campagnes de prévention jeu, à l'avenir, devront tenir compte de ce rapprochements du gambling et du gaming.