Joueurs et excès

Croyances et pensées bloquantes

Parfois notre attitude et notre comportement sont orientés par des pensées très négatives ou des croyances que nous avons depuis des années, sans en être conscients. Elles peuvent influencer grandement votre vie et vous miner en tant que personne. Vos relations avec les autres et votre attitude générale en souffrent aussi. Par exemple, partir du principe que l'on «est un raté» entraîne souvent une dévalorisation de soi et un état dépressif. Vous prenez alors peu d'initiatives pour améliorer votre situation, vous vous sentez bloqué.

La même chose peut se manifester dans un comportement de jeu. Par exemple, une personne peut avoir la croyance d’être quelqu’un de chanceux et que jouer de l’argent devrait forcément lui rapporter des gains. Il peut aussi penser que le jeu est un excellent moyen d’oublier les problèmes, et même de les résoudre. Une facture, un conflit, un stress, une frustration et voilà cette personne qui courre miser. Le fait de jouer devient progressivement une “réponse automatique”, inconsciente, à la moindre contrariété. 

Parcourez les croyances ci-dessous et demandez-vous à quel point elles sont présentes dans votre vie. 

pensées desastreuses

1. « Il est nécessaire que tout le monde me trouve sympathique, m’estime, pense du bien de moi et m’aime. »

Si cette croyance domine votre vie cela peut amener des symptômes d’angoisse, une faible estime de soi, de la soumission ou de la dépression.

2. « Je dois toujours m’occuper du bonheur et des problèmes des autres. »

Cette croyance peut être reliée à la précédente et amène le plus souvent le même type de sentiments et problèmes.

3. « Je dois dans tous les cas être parfait(e) et réussir pour avoir de la valeur et compter dans la société. Je ne peux donc pas faire d’erreurs. »

Cette croyance peut être associée avec un perfectionnisme exagéré et déboucher sur des angoisses, un sentiment de dévalorisation et de la dépression.

4. « Si je me trompe, je suis nul(le) et je dois être puni(e). »

Cette croyance est liée à la précédente, mais amène en plus une idée de ‘punition’. Ici il s’agit de se mettre trop de pression (sur soi ou sur les autres), ce qui peut amener à se condamner soi-même (ou les autres) à un perfectionnisme excessif, de l’indécision, un sentiment de culpabilité, de l’auto-punition, des pensées suicidaires ou de la dépression.

5. « Quand les choses ne vont pas comme je veux, c’est inacceptable pour moi. »

Il y a ici des attentes irréalistes par rapport aux autres et au monde en général. Cette conviction peut mener à de l’intolérance, une attitude tyrannique ou de l’agression. Mais aussi à une faible tolérance à la frustration (‘ne pas pouvoir se contenir’), de l’impuissance, de l’apitoiement sur soi ou de la passivité.

6. « Pour chaque problème il existe une solution parfaite. Si je ne la trouve pas, c’est dramatique » OU « Il est intolérable de devoir vivre avec des incertitudes ou des ambiguïtés. C’est seulement si je suis certain(e) de quelque chose que je peux avancer. »

Ces pensées amènent facilement de la cogitation excessive, de l’indécision, de l’angoisse et de la passivité.

7. « Mes réactions et mes émotions sont entièrement influencées par ce qui m’arrive et je n’ai aucun contrôle là-dessus. » OU « Mes sentiments et mes attitudes sont entièrement déterminés par mon passé, et comme je ne peux pas changer mon passé je resterai comme je suis. »

Naturellement vous n’avez pas tout sous contrôle et les expériences du passé sont importantes (et parfois même peuvent avoir une grande influence). Mais cela ne signifie pas que vous ne pouvez rien y changer. Cette pensée peut amener de la passivité, une attitude d’évitement ou de l’apitoiement sur soi.

8. « J’ai besoin de quelqu’un qui soit plus fort que moi pour me soutenir et donner une direction à ma vie. » OU « Il existe seulement un partenaire idéal pour moi, pour partager ma vie. »

Ces convictions peuvent mener à de la dépendance, un sentiment d’impuissance, de la passivité, de l’isolement social ou de la dépression.

9. « Je dois constamment être sur mes gardes pour tout ce qui pourrait mal se passer et toujours tenir compte que quelque chose pourrait m’arriver. »

Cette pensée peut avoir un gros impact sur la vie à la longue, et mener à de l’angoisse, à un comportement d’évitement ou à de l’isolement social.

10. « Il est préférable de ne pas regarder les problèmes en face et d’éviter la responsabilité, car cela amène uniquement de la souffrance. »

Cette conviction peut parfois amener du positif à court terme, mais s'avère négative à long terme. Ici aussi il y a un risque de se retrouver dans une spirale descendante de passivité, d'avoir un comportement d’évitement ou un sentiment d’impuissance.

Peut-être que parmi ces exemples, vous reconnaissez des croyances ou des pensées bien présentes en vous. S’en “débarrasser” n’est pas une chose simple. Elles vous viennent de votre enfance, des conclusions que vous avez tiré sur vous et sur le monde. Il est possible en tout cas de les repérer et d’en limiter l’impact.