Entourage

Informations pour le conjoint

Vivre avec un partenaire qui joue de manière excessive peut être très difficile et émotionnellement douloureux. Il est possible que vous observiez depuis un certain temps des signaux indiquant que votre partenaire a un problème avec le jeu, comme il est également possible que vous n'ayez rien remarqué.

1. Ce que vous pouvez faire:

  • Conserver du temps pour vous. Si le jeu est au centre de la vie de votre partenaire, vous pourriez être constamment occupé par ses comportements et ses problèmes. A force d’être centré sur le conjoint, vous pourriez bien vous oublier. Donnez vous la permission d’être attentif à vous même et à vos enfants. Continuer les activités que vous aimez et fréquentez votre cercle d’amis. 
  • En parler avec quelqu'un de confiance ou avec un professionnel. Cela peut vous aider à prendre du recul et à envisager des ressources pour améliorer la situation. Néanmoins, ce n'est pas une obligation et ne vous sentez pas forcé d’en parler. C'est vous qui décidez avec qui vous voulez en parler, quand, et ce que vous dites.
  • Exprimer clairement à votre partenaire quels sont les inconvénients que vous rencontrez à cause du jeu. Vous pouvez, par exemple, lui dire ce que vous pensez des rendez-vous qui ne sont pas honorés, de l'ambiance tendue à la maison, des dépenses exagérées, etc. Il n'est pas utile d'aborder le jeu car cela risque de susciter de la résistance chez votre partenaire et de couper court à la conversation. 
  • S'il est possible de discuter des problèmes sous-jacents de votre conjoint, vous pouvez les écouter, sans le condamner ni le critiquer.
  • Vous pouvez aussi signaler que vous vous faites du souci et que vous souhaitez lui prêter main forte dans la mesure du possible (sans pour autant masquer les problèmes).
  • Votre conjoint souhaite changer ses habitudes de jeux ? Il peut s'inscrire sur l'Aide en ligne de ce site, c'est anonyme et gratuit. Il choisira lui-même son objectif et, autonome ou accompagné d'un psychologue, il progressera pas à pas vers un changement.

  • Vous pouvez évoquer avec votre conjoint l'idée de se faire interdire l'accès aux salles de jeux et casinos en Belgique par la Commission des jeux de hasard. Vous pouvez en discuter avec votre partenaire. Idéalement, il faut que cette démarche vienne du joueur, qu'il entame de lui-même cette demande d'interdiction d'accès et remplisse le formulaire de demande d'interdiction volontaire. Néanmoins, vous avez aussi la possibilité de compléter le formulaire de demande d'interdiction par un tiers pour que ce soit vous qui demandiez cette interdiction d'accès. Cette procédure est plus longue et délicate que la procédure de demande d’interdiction volontaire étant donné qu’elle prévoit l’audition du joueur par la Commission, laquelle se réunit chaque premier mercredi du mois . Elle constitue cependant une meilleure protection de par la durée minimum d’interdiction et l’examen par la Commission de toute demande de réintégration. La procédure de demande d’interdiction par un tiers peut être effectuée parallèlement à une demande d’interdiction volontaire car il s’agit de deux procédures distinctes.Vous trouverez de plus amples informations à propos de ces interdictions en cliquant ici.

2. Ce qu'il vaut mieux éviter:

  • Ne vous demandez pas si c'est de votre faute si votre partenaire joue. Lors de tensions et de conflits, vous avez peut-être une part de responsabilité. Par contre, si votre partenaire joue de manière excessive, ce n'est pas de votre faute! Il est le seul responsable.
  • Ne pensez pas que vous êtes capable de résoudre le problème de votre partenaire. Il n'y a que lui et lui seul qui soit en mesure de le faire.
  • N'essayez pas de résoudre tous les problèmes découlant de la situation de votre partenaire. Vous l'avez peut-être fait avec de bonnes intentions, parce que vous vouliez être «solidaire», ou parce que vous aviez honte et que vous vouliez cacher ce problème à votre entourage. Malheureusement, agir de la sorte n'aide pas le joueur à prendre conscience de son problème. En effet, il se rend alors peu compte des inconvénients liés au jeu. Or, il a besoin de percevoir les inconvénients du jeu pour peser le pour et le contre de ses comportements et pour prendre la décision de les changer. Si vous éliminez la plupart des inconvénients, il sera difficile pour votre partenaire de trouver une motivation pour changer ses habitudes.
  • Essayez de ne pas vous adapter aux habitudes de votre partenaire. Par exemple, il est inutile de rester à la maison en espérant qu'il n’ira pas jouer.
  • Évitez de faire des reproches au sujet du jeu. Ce n'est pas toujours facile dans les moments chargés d'émotions, mais il est préférable de mettre en évidence les conséquences du jeu. En d'autres termes, les inconvénients que vous rencontrez en raison de l'habitude de votre partenaire.

3. Que faire si vous avez des enfants:

  • Vos enfants sentiront, tôt ou tard, que quelque chose ne va pas. Essayez de leur expliquer ce qui se passe. Le mieux est de le faire dans un moment où vous êtes assez calme. Essayez de parler à leur «niveau», de façon adaptée à leur âge, sans les impliquer dans les problèmes relationnels que vous rencontrez avec votre partenaire. Il vaut mieux le faire avec votre partenaire ou avec un autre adulte de confiance.
  • Tous les enfants peuvent réagir différemment. Certains ont l'illusion de pouvoir résoudre les problèmes de leurs parents. D'autres se fâchent, commencent à se renfermer et se rebellent. Ce type de réactions nécessitera plus d'attention et d'autorité de votre part. D'autres encore «feront comme si de rien n'était», ou essaieront de détourner votre attention.
  • Faites clairement comprendre à vos enfants qu'ils ne sont pas responsables et qu'ils ne peuvent rien faire pour les problèmes de votre partenaire.

4. Que faire quand la situation se dégrade ?

  • Lorsque les tensions sont vives dans votre couple, ou lorsque les problèmes d'argent deviennent trop importants, cela peut être destructeur pour vous-même. Vous pouvez commencer à douter de tout, à avoir l'impression de tourner en rond. Vous pouvez aussi en arriver à ressentir de la colère au point de souhaiter secrètement du mal à votre partenaire. Ces sentiments sont généralement le signe que vous avez dépassé vos limites.
  • Vous pouvez commencer à penser à rompre, à divorcer. Si vous deviez en arriver là, vous seriez dans votre droit. Mais vous seul pouvez prendre cette décision.
  • Même si vous avez un certain nombre de personnes de confiance dans votre entourage immédiat, il peut être intéressant et soulageant d'en parler avec une personne extérieure (travailleur social, thérapeute, etc.).

5. Si le joueur est en traitement, ce que vous pouvez faire pour apporter votre aide:

  • Demander au joueur comment il préfère être soutenu.
  • Valoriser les choses qui se passent bien.
  • Parler ouvertement du jeu (le comportement, la fonction du jeu et les problèmes de jeu).
  • Discuter des attentes quant au traitement et chercher ensemble comment la confiance, mise à mal jusque là, peut être reconstruite autrement.
  • Aider le joueur à aborder autrement ses problèmes et ses sentiments. Par exemple en cherchant comment il pourrait mieux réagir aux disputes et aux moments de stress qui se présentent au travail.

6. Où trouver de l'aide:

  • Vous pouvez en parler à votre médecin de famille qui pourra éventuellement vous conseiller une aide plus spécifique.
  • Vous pouvez aussi prendre contact avec SOS JEUX au 0800/35.777 ou Télé-accueil au 107, 24h/24 et 7 jours/7.
  • Si vous avez des questions et cherchez de l'aide proche de chez vous, contactez Infor-Drogues au 02/227.52.52 du lundi au vendredi de 8h à 22h et le samedi de 10h à 14h ou l’asbl Pélican au 02/502.08.61, de 9h à 16h30.
  • D'autres services comme les CPAS, les Services de Santé Mentale, etc. peuvent également offrir un premier soutien.
  • Pour en savoir plus sur l’aide existante, cliquez ici.
  • Pour des questions d'ordre juridique, vous pouvez faire appel à un bureau d'aide juridique www.avocat.be