Entourage

Information pour les professionnels

Bien que les similitudes entre les personnes souffrant d'une dépendance au jeu et d'une addiction à l'alcool sont évidentes, il existe des différences et des caractéristiques spécifiques. C'est pourquoi une connaissance du comportement des joueurs peut aider à accompagner les bénéficiaires qui souffrent de problèmes liés au jeu.

Les joueurs présentent par exemple des pensées irrationnelles qui perpétuent le comportement de jeu. Ils pensent qu'ils peuvent influencer le déroulement du jeu et ils interprètent leurs défaites comme des « presque victoires ».

Les joueurs excessifs parviennent à bien dissimuler leur « comportement de jeu » (emprunts, mensonges, parfois fraudes, etc.). C'est pour cette raison que cela dure souvent des années avant que l'entourage ne découvre un problème de jeu.

Les personnes qui souffrent de tels problèmes se présentent aux services de première ligne en évoquant des plaintes très diverses (problèmes psychiques, relationnels, sociaux ou financiers). Le lien avec des problèmes liés au jeu n'est pas toujours évident.

Parler du jeu

Pour pouvoir parler du jeu, il est important de tenir compte d'un certain nombre d'obstacles:

  • Les bénéficiaires ne racontent pas spontanément qu'ils souffrent d'un problème de jeu. Poser des questions trop directes sur le jeu peut provoquer une réaction défensive de la part du joueur et rompre le contact.
  • Les bénéficiaires viennent en premier lieu pour un autre problème, par exemple des soucis financiers ou de logement. Ce n'est pas parce que le bénéficiaire fait l'objet d'un accompagnement pour son budget qu'il acceptera également que le professionnel s'intéresse au problème de jeu. Certains usagers ne font par ailleurs aucun lien entre leurs problèmes et leur comportement de jeu.
  • Selon la perception du bénéficiaire, il n'est pas aisé de parler de son problème de jeu. Ils ont probablement honte de leurs excès et peur des conséquences négatives qui en découlent. En outre, le jeu est à la fois problème et solution. Ils entretiennent l’illusion de se refaire et d’effacer du même coup les pertes et les problèmes. Faire le deuil de l’argent dépensé et du temps perdu dans les jeux est à la fois salutaire et compliqué.

Comment aborder la problématique du jeu ?

Il est préférable d'en discuter en partant de la demande d'aide du bénéficiaire. Le fait que la demande découle souvent d'un besoin d'aide concret (logement, revenus, problèmes administratifs ou juridiques, etc.) offre des possibilités. En effet, partir d'une demande concrète renforce la relation de confiance et veille à ce que vous puissiez petit à petit aborder la question du jeu. Chemin faisant, le bénéficiaire peut faire le lien entre ce qu'il vit et son problème de jeu. Vous pouvez réagir en reflétant ses dires et en posant des questions ouvertes.

Il est important de ne pas aller trop vite, de respecter le rythme du bénéficiaire, sous peine de lever des résistances. Cela se traduit par le verbe “accompagner”:

  • accompagner le joueur dans la conscientisation de son problème.
  • accompagner le joueur dans sa décision de diminuer ou arrêter le jeu.
  • accompagner le joueur dans ses démarches concrètes de changement. 
  • accompagner le joueur dans le maintien de ses nouvelles habitudes  

Envie d’en savoir plus sur la motivation au changement chez le joueur excessif ? Cliquez ici.

Outils

En raison du manque de connaissances et d'outils pour prendre en charge l'addiction aux jeux d'argent et de hasard, l'asbl Le Pélican a pris l'initiative de traduire et d'adapter deux outils.

Ces deux outils sont: Gokken et Gokken voor OCMW en CAW, tous deux réalisés par le VAD ( Vlaams expertisecentrum Alcohol en andere Drugs ) en étroite collaboration avec le groupe de travail francophone sur l'addiction au jeu et l'aide aux joueurs.

« Les jeux sont faits. Rien ne va plus ! » est un livret d'auto-aide pour les joueurs. Il contient des conseils, des questionnaires, des témoignages et des exercices qui peuvent aider les joueurs compulsifs à arrêter ou à diminuer la fréquence du jeu.

La brochure d'accompagnement pour les travailleurs sociaux donne des pistes pour identifier les problèmes de jeu et pour pouvoir en discuter.

Orientation

Il est impératif d'expliquer pourquoi vous orientez le bénéficiaire afin que ce dernier ne se sente pas "mis à la porte". Donnez au bénéficiaire assez d'informations sur ce qui l'attend et informez-le du mode de fonctionnement du service d'aide. Examinez s'il est nécessaire de prendre un rendez-vous avec le bénéficiaire et de l'accompagner. Cela peut être d'un grand soutien.

En savoir plus sur les orientations possibles en Belgique, cliquez ici.

Se former

L’asbl Pélican propose des sensibilisations et une formation sur le jeu excessif à Bruxelles et à Namur. Vous souhaitez en savoir plus, envoyez un mail à contact@lepelican-asbl.be

Nous vous suggérons également cette conférence grand public sur le jeu excessif, donnée à l'Université de Laval en 2012 par le professeur Ladouceur.